Le recyclage des lunettes de vue concerne des millions de paires chaque année. En France, une paire est remplacée en moyenne tous les 3 ans, souvent à cause d’un changement de correction, d’une usure des verres ou d’un simple choix esthétique. Résultat, environ 4 millions de paires sont renouvelées chaque année, tandis qu’environ 12 millions de paires finissent dans les ordures ménagères, soit près de 2 400 tonnes de déchets.
Le bon réflexe consiste à regarder d’abord si la paire peut être réparée, réemployée ou donnée. Une monture encore portable ne devrait pas dormir dans un tiroir, ni partir à la poubelle avec les déchets ménagers. Selon la Fondation Krys Group, 10 millions de paires encore utilisables sont jetées chaque année en Europe et aux États-Unis, alors que près de 200 millions de personnes dans le monde ne peuvent pas acheter de lunettes.
Cet article fait le point sur les lieux de dépôt, les solutions de don, les matériaux recyclables et les erreurs à éviter pour mieux gérer ses anciennes lunettes.
Où recycler des lunettes de vue ?
Le meilleur point de départ dépend de l’état de la paire. Une monture encore utilisable peut rejoindre une filière de don ou de réemploi. Une paire cassée, rayée ou difficile à réutiliser doit plutôt être orientée vers un opticien disposant d’une collecte ou vers une structure spécialisée.
| État des lunettes | Solution conseillée | Objectif |
|---|---|---|
| Bon état | Don à une association, recyclerie ou structure de réemploi | Réutilisation |
| Réparables | Dépôt chez un opticien | Réparation ou changement de verres |
| Cassées ou très usées | Collecte chez un opticien ou filière spécialisée | Tri matière et valorisation |
| Monture de marque encore attractive | Seconde main ou reconditionnement | Prolongation de durée de vie |
Déposer ses lunettes chez un opticien
Le dépôt chez un opticien reste l’option la plus simple pour une grande partie des particuliers. Plusieurs enseignes disposent de boîtes de collecte et de partenariats avec des filières de valorisation ou des programmes solidaires. ATOL et KRYS font partie des acteurs souvent cités dans ce domaine.
Ce passage chez l’opticien sert aussi à vérifier si la paire peut encore être sauvée. Une branche cassée, une vis desserrée, une soudure à refaire ou même le remplacement d’un verre peuvent parfois éviter l’achat immédiat d’une nouvelle monture. Krys rappelle aussi qu’il est possible de garder la monture et ne changer que les verres si la correction évolue.
Pour les lunettes avec une correction spécifique, cette solution est particulièrement adaptée. L’opticien peut orienter la paire vers la bonne filière, entre réparation, réemploi ou recyclage.
Zac, par exemple, indique que ses boîtes de collecte sont disponibles dans des magasins Atol partout en France. La marque précise que toutes les lunettes peuvent être déposées sans les étuis, y compris les lunettes de vue, solaires, pour enfants, même cassées, rayées ou dépareillées. L’équipe trie ensuite les paires pour les réparer ou les recycler.

Donner ses lunettes à une association ou à une structure de réemploi
Le don reste une solution utile quand les lunettes sont encore exploitables. Plusieurs organismes collectent les anciennes paires pour les redistribuer ou les intégrer dans une logique d’économie circulaire.
- Associations humanitaires, via un envoi direct ou un dépôt chez un partenaire
- Recyleries et structures de réemploi, pour remettre en circulation des montures encore utilisables
- Fondation Krys Group, citée parmi les organismes collecteurs
- RecyclOptics, qui collecte lunettes usagées, cassées et verres de présentation
- Réseau Lions Clubs, actif dans la collecte internationale de lunettes réutilisables
Le réseau des Lions Clubs soutient un programme de recyclage pour la vue en s’appuyant sur des lieux de collecte installés avec des partenaires locaux, comme des écoles, des bibliothèques, des entreprises, des magasins d’optique ou des professionnels des soins ophtalmologiques. Les paires sont ensuite envoyées dans des centres officiels où elles sont triées avant redistribution dans le cadre de missions consacrées à la vue.
Le don a aussi une portée sociale forte. 90 % de la population ayant une déficience visuelle vit dans des pays en développement, et dans certaines zones d’Afrique, une paire de lunettes peut représenter 6 à 8 mois de salaire, avec seulement 1 ophtalmologue pour 1 million d’habitants.
Les lunettes de vue sont-elles recyclables ?
Oui, mais pas toujours de manière simple ni uniforme. Une paire de lunettes est composée de plusieurs éléments, avec des matières différentes et des niveaux de recyclabilité variables. C’est pour cette raison qu’une filière spécialisée est souvent préférable à un dépôt dans les déchets classiques.
Les matériaux récupérables dans une paire de lunettes
Les montures peuvent contenir des matériaux recyclables comme l’acétate, le métal ou le titane. Ces matières peuvent être récupérées, triées puis réutilisées dans d’autres fabrications. Le recyclage permet ainsi de limiter l’extraction de nouvelles ressources, la transformation industrielle et le transport liés à la production de montures neuves.
RecyclOptics travaille justement sur une filière française de recyclage de l’optique-lunetterie. La structure, créée en 2021 par Carole Riehl, collecte lunettes cassées, lunettes usagées et verres de présentation. Certaines matières sont transformées en nouveaux objets, par exemple une étagère en plastique recyclé, ou mises à disposition de reconditionneurs et d’industriels.

Que faire des montures cassées
Une monture cassée n’est pas forcément bonne à jeter. Si le dommage reste limité, un opticien peut parfois intervenir sur :
- le resserrage des vis
- le remplacement d’une branche
- une petite soudure
- le changement de plaquettes ou d’éléments de maintien
Si la monture n’est plus réparable, elle peut rejoindre une filière de valorisation matière. Des programmes spécialisés récupèrent aussi les montures non redistribuables pour éviter leur enfouissement ou leur incinération. Les Lions indiquent d’ailleurs que les lunettes endommagées non réutilisables peuvent contribuer à la récupération de certains métaux et au traitement des résidus.
Que faire des verres de lunettes
Les verres demandent une gestion à part. Ils ne suivent pas toujours les mêmes circuits que les montures, en particulier lorsqu’il s’agit de verres correcteurs très spécifiques. Lorsqu’une paire est donnée, les verres peuvent être conservés pour une réutilisation si leur profil le permet, ou être séparés de la monture pour un recyclage matière selon la filière disponible.
Dans les opérations menées avec Optic For Good, une phase de test lancée en 2020 avec plus de 100 opticiens partenaires a permis de sauver plus de 70 kg de déchets, dont 50 kg de verres de présentation. Cela montre que les verres, souvent oubliés, représentent un gisement réel.
Peut-on donner ses anciennes lunettes de vue ?
Oui, à condition de respecter quelques critères simples. Le don fonctionne bien pour les paires complètes, propres et encore portables. C’est une alternative à la fois solidaire et éco-responsable.
Quelles lunettes peuvent être données
Les paires les plus faciles à rediriger vers le don sont celles qui restent en bon état général. Cela concerne :
- les lunettes de vue complètes
- les lunettes de soleil
- les lunettes pour enfants
- certaines paires avec correction, si la filière de collecte les accepte
- des montures encore propres et structurées, même si elles demandent un léger ajustage
Certaines structures acceptent aussi des paires cassées ou rayées pour le recyclage. Zac précise par exemple que les lunettes cassées, rayées ou dépareillées peuvent être déposées dans ses collectes. À l’inverse, pour une redistribution directe, certaines montures ne doivent pas être endommagées.
La revente peut aussi avoir du sens pour quelques modèles, notamment des montures de marque. Le marché du reconditionné a montré qu’il existait une vraie demande. Seecly mettait en avant des montures reconditionnées jusqu’à -80 % et des verres à partir de 59 €. La plateforme indique toutefois qu’en 2026, les nouvelles commandes et les dépôts d’annonces ne sont plus possibles, même si les commandes en cours restent traitées normalement.
Comment vérifier l’état de ses lunettes avant de les donner
Un contrôle rapide permet d’orienter correctement la paire. Il peut se faire à la maison avant dépôt, puis être confirmé chez un professionnel.
- Vérifier la structure, branches bien fixées, charnières fonctionnelles, absence de casse majeure
- Contrôler les verres, rayures profondes, éclats, usure ou traitement abîmé
- Nettoyer la monture, pour faciliter le tri et la remise en état
- Évaluer la réparabilité, vis, plaquettes, branche ou ajustage
- Demander l’avis d’un opticien, surtout si la paire a une correction particulière
Certains signes doivent pousser à changer les verres plutôt que la monture entière. Krys cite notamment la fatigue visuelle, les maux de tête, la diminution de la vision nocturne ou une baisse de qualité de la vue. Un simple renouvellement des verres peut prolonger la vie de la monture.
Que deviennent les lunettes données ?
Une fois déposées, les lunettes ne suivent pas toutes le même parcours. Leur devenir dépend de leur état, de leur valeur d’usage et de la filière choisie.
Les étapes du tri et du recyclage
Le traitement passe généralement par plusieurs étapes :
- Collecte chez un opticien, une association, une école, une entreprise ou une structure locale
- Tri selon l’état de la monture, la présence des verres, la réparabilité et le potentiel de réemploi
- Nettoyage et remise en état pour les paires réutilisables
- Réorientation vers la redistribution, le reconditionnement ou le recyclage matière
- Valorisation des composants non réemployables
Dans les centres Lions de recyclage de lunettes officiels, les paires sont triées selon leur possibilité de réutilisation et les traitements à appliquer. Elles sont ensuite stockées avant redistribution dans des missions organisées à travers le monde.
Les chiffres montrent que cette logistique peut avoir un impact réel. En 2016 et 2017, plus de 2 millions de paires de lunettes françaises ont été envoyées dans 36 pays. Le prix de revient unitaire d’une paire de lunettes recyclée est estimé à 1,80 €. Une monture reconditionnée représente aussi environ 20 minutes de travail pour une personne en réinsertion professionnelle, ce qui ajoute une dimension sociale au geste de tri.
Dans certaines collectes, les volumes récupérés permettent même de fabriquer jusqu’à 1 000 nouvelles paires ou de produire de nouveaux objets à partir des matières récupérées.
Pourquoi recycler ses lunettes de vue
Recycler ses lunettes de vue évite un double gaspillage, celui des matières et celui d’un objet encore parfois utile. Une paire standard peut mettre entre 450 et 1 000 ans à se décomposer complètement dans la nature. La jeter avec les ordures ménagères revient souvent à l’envoyer vers l’incinération ou l’enfouissement.
Le recyclage et le réemploi ont plusieurs bénéfices concrets :
- réduire les déchets liés à l’optique
- limiter l’extraction de matières premières
- éviter une partie de l’énergie nécessaire à la fabrication de montures neuves
- soutenir des actions solidaires auprès de publics mal équipés
- prolonger la durée de vie des montures par la réparation ou le reconditionnement
Ce sujet prend de l’ampleur car les volumes sont élevés. D’après un sondage Atol de 2015, 100 millions de paires seraient inutilisées en France. En 2025, l’article Optic Duroc rappelle encore que des millions de lunettes sont jetées chaque année. Dans ce contexte, la logique d’économie circulaire devient une réponse concrète, avec trois priorités claires, réparer, réemployer, recycler.
Les erreurs à éviter quand on jette ses lunettes
Les mauvaises habitudes restent fréquentes, souvent par manque d’information. Quelques erreurs reviennent souvent et réduisent fortement les chances de réemploi ou de valorisation.
- Jeter les lunettes à la poubelle, elles partent alors avec les ordures ménagères
- Remplacer trop vite une paire réparable, alors qu’une vis, une branche ou des verres peuvent être changés
- Ignorer la possibilité de garder la monture et de renouveler seulement les verres
- Donner une monture très abîmée sans la signaler, ce qui complique le tri
- Laisser des paires inutilisées dans un tiroir pendant des années, alors qu’elles pourraient servir
- Multiplier les achats de confort ou de mode sans utilité réelle, ce qui augmente la consommation de ressources
Le bon réflexe consiste à faire un point avant chaque renouvellement. Un passage chez un opticien permet de savoir si la paire peut être réparée, reconditionnée ou orientée vers une collecte adaptée. Pour une entreprise, une école ou une collectivité, organiser une collecte peut aussi devenir une action RSE simple et concrète. Zac met d’ailleurs en avant ce type d’initiative comme un moyen pratique de capter des lunettes qui auraient sinon fini à la poubelle.
Les anciennes lunettes ont souvent plus de valeur qu’on l’imagine. Une paire peut encore corriger la vue d’une autre personne, fournir de la matière à un reconditionneur, ou alimenter une filière française en construction comme celle portée par RecyclOptics. Le tri le plus utile n’est donc pas celui de dernière minute au-dessus de la poubelle, mais celui qui cherche d’abord la meilleure seconde vie possible.





